La triste vie des greyhounds de Macao

Fin juin, Greyhound Australia, une organisation professionnelle syndicale de l’industrie des courses en Australie, a publié les résultats de son enquête sur l’exportation de greyhounds. Ce rapport dévoile de nouveaux détails concernant la piste de Macao, le Canidrome, où des centaines de lévriers meurent chaque année. Selon cette publication :

« Les chenils sont presque entièrement construits en béton et en métal. Chaque box individuel est numéroté et comprend une partie surélevée avec de la litière… Les installations peuvent accueillir jusqu’à 900 greyhounds. »

« Les boxes ont une cinquantaine d’années et ont l’air sombre et rebutant, mais il étaient propres et frais »

« Il n’y a pas de paddocks, ni de cour extérieure pour que les chiens puissent se dégourdir les pattes.. de nombreux lévriers avaient choisi de se coucher à même le sol en béton de leur box. »

Le rapport précise également que la moitié (!) des greyhounds qui courent au Canidrome sont tués chaque année :

« La direction de Macao a confirmé que près de 50% de leurs stock de chiens actifs était euthanasié chaque année pour cause de blessures graves »

Les greyhounds qui ne sont pas tués passent quant à eux le reste de leurs jours dans des conditions de vie indignes. Cela est en partie dû au fait que les greyhounds sont importés à Macao en qualité de chiens de travail et ne peuvent légalement pas devenir des animaux de compagnie. Cela veut dire que Brooklyn le greyhound est peut-être encore en vie, enfermé dans un box de béton comme des centaines d’autres chiens. Selon la publication :

« Quand arrive la fin de carrière d’un greyhound, c’est son propriétaire qui décide quoi en faire. certains continuent à payer les frais de pension et les chiens vieillissent tout simplement dans l’enceinte du Canidrome – les délégués de Greyhound Australasia ont rencontré un certain nombre de ces vieux résidents au cours de leur visite. »

En ce qui concerne les blessure, le rapport indique que « de nombreux » Greyhounds du Canidrome ont auparavant été blessés en australie avant d’être envoyés à Macao. Le texte précise également que la piste du Canidrome elle-même est source de graves problèmes, dont certains qui sont insolubles :

« La piste est constituée de deux lignes droites parallèles jointes à chaque extrémité par un virage très serré… A cause de l’utilisation qui est faite de l’espace à l’intérieur et à l’extérieur de l’ovale de la piste, il n’est pas possible d’en modifier la forme. »


Quel futur pour le Canidrome?


« Le revêtement de la piste est manifestement trop sec et trop dur la plupart du temps et les méthodes manuelles de préparation du terrain avant chaque course entraînent vraisemblablement de dangereuses irrégularités de surface… Il est impossible de modifier la forme de la piste. »

Et pourtant, de manière incompréhensible, même après avoir vu et décrit en détails toute la cruauté du Canidrome, Greyhounds Australasia est toujours disposé à le défendre. A en croire le rapport, les représentatants de l’organisation syndicale ont « eu d’extrêmes difficultés à juger de manière trop critique le site de courses de greyounds de Macao. » De plus, malgré la décision prise par GA de suspendre l’émission de passeports pour les chiens à destination du Canidrome, cela n’a pas empêché des greyhounds australiens d’y être expédiés.

Il apparaît donc maintenant de façon très claire que l’industrie des courses de greyhounds ne s’attaquera jamais sérieusement aux problèmes posés par le Canidrome de Macao. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que de fermer ce cynodrome et nous lui demandons de le faire à expiration du bail, fin 2015.

Traduit de l’anglais pour LED, article original http://blog.grey2kusa.org/2014/07/report-reveals-stark-conditions-at.html

Publié dans Actualités, Courir pour survivre à Macao | 3 commentaires

3 commentaires sur « La triste vie des greyhounds de Macao »

  1. Daniel Martin a écrit :

    Madame Madry et tout LED, j’admire votre obstination à vouloir aider ces greyhounds à la vie de misère. Même si vous ne dites rien quant à la Grande-Bretagne je suis persuadé que vous avez le coeur brisé par la détresse de ces malheureux lévriers. Je compatis sincèrement.
    Votre combat est un combat contre le Titan qu’est l’industrie des courses. C’est plus simple d’aller se servir en Espagne, j’en ai fait l’expérience. Je viendrai au Jardin des Lévriers dès que je le pourrai et grandes félicitations pour ce lieu d’accueil à échelle humaine.
    D. Martin

  2. Jean-Charles a écrit :

    @Daniel:
    Je vous remercie de votre fidélité, de votre soutien et de vos encouragements indéfectibles envers les projets et actions de LED.
    Vos divers témoignages et d’autres permettent d’insuffler, à LED, cette force vitale et nécessaire dans la poursuite de notre combat.
    Les membres de l’équipe, dés que vous en aurez l’opportunité, seront très heureux de pouvoir vous accueillir au sein du Jardin des Lévriers.
    Au plaisir de vous y rencontrer et d’y échanger prochainement.
    Jean-Charles.

  3. Véronique et Philippe a écrit :

    QUELLE HORREUR!!!!