C’est mon choix

Cette année, Lévriers en Détresse fêtera, au mois de juin, ses 19 ans d’existence.

Dès que j’ai découvert le sort des greyhounds de Barcelone ET des galgos, c’est-à-dire le 30 avril 2000, je suis entrée en contact téléphonique avec Anne Finch. C’est Anne Finch, et personne d’autre, qui a alerté l’Europe de la souffrance des lévriers.
Le 15 mai 2000, 11 martyres du cynodrome de Barcelone étaient accueillies au refuge Des Baux-de-Provence où j’étais bénévole. Dès le mois suivant, l’association Lévriers en Détresse était créée.
Très vite, la France entière découvrait le terrible sort réservé aux galgos ET greyhounds.
La majorité des Français n’a retenu que le sort des galgos. Les pauvres greyhounds étaient ignorés. L’Espagne traîne une réputation de maltraitance animale que personne n’ignore, gage dune publicité facile.
Après avoir été parasitée puis dépouillée de ses fichiers d’adoptants, adhérents et autres documents, LED a été témoin de la prolifération dune foultitude de groupuscules se proclamant de la protection animale.
Je me souviens de la réflexion d’une ancienne membre du Bureau, qui m’a dit avec aplomb « je créé une petite association qui ira en Espagne. Toi, étant sur Paris tu es plus proche de l’Irlande que de l’Espagne ». L’extraordinaire connaissance de la géographie européenne de cette dame laisse pantois.
Tous ces groupuscules s’étripant et s’arrachant les cheveux en interne, chacun y est allé de sa petite association et on voit le résultat aujourd’hui : des lévriers d’occasion sur le « Bon coin » et bien d’autres sites de ventes d’occasions. Bravo pour l’éthique ! Un lévrier d’Espagne = une vieille bécane ! Sans parler des chiffres mensongers avec une surenchère afin d’attirer le plus de clients possibles. C’est ça la protection animale ?

Au départ, LED a dévoilé la cruauté faite aux lévriers, via son site internet, avec photos et vidéos à l’appui.
Très vite, dès que j’ai mieux appréhendé l’outil informatique, j’ai réalisé que les pervers et les malades avides de scènes de cruauté avaient, via internet, un formidable réservoir de sites pour assouvir leur soif de visions de cruauté de toutes sortes. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les sites pornographiques sado-masochistes sont les plus fréquentés. Sauf que les adultes peuvent en interdire l’accès aux plus jeunes. Il n’en est rien des sites qui étalent avec une impudeur affligeante les photos et vidéos de la cruauté faite aux animaux, avec une répétition qui tourne à l’obsession. Et on connaît l’impact de limage sur les plus jeunes, sur les plus fragiles mentalement et psychologiquement.

Alors, avec l’approbation de mon équipe, j’ai décidé que nous ne ferions pas étalage, sur notre site, de tous les documents horribles que nous recevons si souvent, aussi bien d’Espagne que des pays où l’industrie des courses de lévriers est implantée. J’estime que la compassion n’a pas besoin de se nourrir de l’étalage de la souffrance.
Aujourd’hui, les internautes peuvent voir des guerres, des combats, des décapitations, des pendaisons, des sévices abominables affligés à des gens sans défense. Si certains trouvent plaisir à les visionner, pour ma part je n’ai pas besoin de voir pour être révoltée, dégoûtée, triste et compatissante.
Pour ceux qui veulent savoir sil y a des greyhounds martyrs, il suffit de visiter les sites d’associations protection des greyhounds des pays concernés par l’industrie des courses ou de leur demander directement.

Oui, les greyhounds n’ont que LED en France et c’est très bien ainsi. Nos amis Anglais et Irlandais sont sensibles à notre respect vis-à-vis de leur pays car en visitant notre site, ils ne voient ni insultes, ni appels à la haine ou à la vengeance. Idem pour l’Espagne.
Oui, des greyhounds souffrent, sont martyrisés, maltraités, exploités et il n’est pas nécessaire de tout étaler sur notre site. Les associations des pays concernés sont assez intelligentes pour travailler la communication nécessaire pour venir en aide aux greyhounds.
Et nous, nous préférons présenter l’excellent travail fait en faveur des greyhounds sortis du monde des courses. C’est un choix. C’est mon choix.

Et c’est ce qu’apprécient les adoptants qui se tournent vers LED : notre pudeur et notre sobriété.
Il est plus important pour nous d’offrir un accueil de qualité aux greyhounds et aux galgos, et de créer des emplois.
Au Jardin des Lévriers, les greyhounds sont 6 à 9 au grand maximum. Ils sont nourris avec des croquettes de qualité agrémentées de miel, d’huile de colza, de levure de bière. Ils sont aimés, choyés et découvrent le bonheur d’être traités en tant que SUJET. Chez LED, chaque lévrier est un sujet.
Lorsque les adoptants viennent à Donzy, ils repartent avec un greyhound joyeux, un peu dodu et c’est tant mieux !

Contrairement à la rumeur, jamais je n’ai JAMAIS abandonné les galgos. Mon choix et celui de mon équipe, c’est de perpétuer le partenariat avec Greyhounds in Need. Nous savons que les galgos, via GIN, sont parfaits du point de vue sanitaire et c’est essentiel. En aucun cas, nous ne voulons participer à l’expansion de la leishmaniose, bombe atomique virale qui nous pend au nez. Je laisse aux autres la responsabilité de leur irresponsabilité !!!

Nos galgos sont accueillis dans le Nord de la France, à Rejet de Beaulieu, chez notre Amie de longue date, Sophie. Sophie a créé une superbe pension canine et féline où les animaux sont dans de grands espaces propres, chauffés en hiver, frais l’été.

Avoir ces lévriers que j’aime tant, tout près de moi, voir comment nos salariées, Marie et Jérôme s’en occupent avec tendresse, est très gratifiant.
C’est ainsi.
C’est le choix de l’équipe LED.
C’est mon choix.

Catherine