Les martyrs de la course

Plutôt que de vous noyer sous une avalanche de chiffres, une seul comparaison vous donnera une idée de ce que représente financièrement les courses de lévriers : en Grande-Bretagne les courses de lévriers rapportent plus d’argent au fisc anglais que les matchs de football.
A l’origine faire courir son lévrier était un sport, mais si les passionnés y voyaient le coté esthétique et le « bonheur » de leur chien, d’autres y ont tout de suite vu le coté lucratif et les bénéfices que ces courses pouvaient rapporter.

Ce jour là les lévriers sont devenus des « machines à courir », et qui plus est des machines qui se devaient d’être rentables. Les champions ont pris de la valeur et leurs maîtres, sont devenus des « propriétaires » et des « actionnaires » (certains n’ont même jamais approché leur chien confié à un entraîneur).
Il va de soit que comme tout investissement celui-ci doit être rentable, aussi gare aux perdants.

Dès l’âge de 18 mois les chiens sont « testés », tous ceux qui ne montrent pas les aptitudes requises sont éliminés et ne rentrerons même pas dans les statistiques, (ils n’ont même pas existé).
Jusqu’à l’âge d’environ 4 à 5 ans ils sont exploités en course avant d’être « réformés ». Durant toutes ces années de compétitions, la vie de ces lévriers, en majorité des Greyhounds les plus rapides, se résumera à leur cage, la piste d’entraînement et le cynodrome.

Les chiens vont être usés jusqu’à la corde, ils vont courir parfois même blessés, bien souvent dopés aux stéroïdes, aux anabolisants, et quelquefois à la cocaïne.

Quelques chiffres vous donnerons l’ampleur du massacre, chaque année dans le monde 100.000 lévriers sont éliminés. 30.000 le sont en europe. Entre 1989 et 2000 ce sont 368.096 lévriers qui ont été tués aux USA.
Aux Etats-Unis, certains états ont reclassé les lévriers en animal de rapport comme le bétail et non plus comme animal de compagnie, leur permettant ainsi de les abattre en grand nombre et d’éviter les problèmes administratifs.
Les plus grands producteurs de lévriers sont les irlandais qui vendent leurs chiens en Grande Bretagne et dans une grande partie de l’Europe. L’Espagne étant un pays de « seconde zone » pour les courses certains lévriers réformés en Grande Bretagne vont finir leur carrière sur les cynodromes ibériques à la réputation désastreuse.
Si les pays anglo-saxons euthanasient les chiens en grande quantité, ils le font dans des conditions que l’on pourrait qualifier de « réglementaires », par contre en Espagne un propriétaire de lévrier dont le chien vient de perdre une course lui faisant perdre ses paris n’hésitera pas à le poignarder sur le bord de la piste, ou à le pendre dans les environs du cynodrome.

L’exploitation des courses se tourne aujourd’hui vers un nouveau marché potentiellement porteur : l’asie.
Les asiatiques étant très friands des jeux de hasard et des paris en général offrent des capacités de « recyclage » gastronomiques fort intéressants pour les producteurs de chiens de course.

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